Cuisine et santé rénale

Informations et outils pour vous aider à gérer votre régime alimentaire rénal

Mythes autour des régimes pour les reins : ce qu’il faut vraiment comprendre 

Porte-bloc portant les mots « Mythes » et « Faits » sur un bureau, à côté d’un clavier, d’un carnet et d’un marqueur.

Par Anja Webster, Dt.P, éducatrice agréée en diabète 

Vous venez de recevoir un diagnostic de maladie rénale et vous éprouvez de l’inquiétude, car de nombreuses sources d’information vous indiquent que bien des aliments vous sont désormais interdits. Une simple recherche en ligne entraine souvent encore plus de confusion et de stress, puisqu’une foule de renseignements erronés circule. Nous déboulonnons ci-dessous les mythes nutritionnels les plus courants que vous avez sans doute rencontrés. 

Mythe 1: Je ne pourrai plus jamais partager un repas avec ma famille  

Une alimentation adaptée à votre santé rénale peut être savoureuse et appréciée par toute la famille. Selon le stade de votre maladie rénale, on pourrait vous recommander de limiter certains aliments, notamment la viande.  Toutefois, avec une approche personnalisée, il est possible de trouver des aliments correspondant à nos traditions culturelles et aux habitudes alimentaires de notre foyer.  Nous vous proposons un large éventail de délicieuses recettes que votre famille appréciera – à parcourir ici.  Parmi nos plus récentes préférées : un mijoté au poulet façon chili et ces roulés de laitue au tofu faciles à préparer et à déguster en famille.  

Mythe 2 :  Je ne pourrai plus jamais déguster une banane ou manger des pommes de terre 

Il arrive souvent que des patients me disent que des amis, et même des médecins, leur ont affirmé qu’ils devront éviter les bananes et les pommes de terre en raison de leur teneur en potassium. Le stade votre maladie rénale et vos résultats d’analyses orientent les recommandations nutritionnelles qui vous sont faites. De nombreux fruits et légumes contiennent divers  nutriments dont le potassium. 

Il est maintenant bien établi que les fruits et les légumes contribuent à la santé des reins. Les récentes lignes directrices préconisent leur intégration dans l’alimentation plutôt que la restriction de certains aliments complets et non transformés. La principale source alimentaire de potassium provient des aliments ultra-transformés contenant des additifs. Consommer des aliments entiers et opter pour une alimentation variée constitue une meilleure stratégie nutritionnelle pour gérer votre apport en potassium, à long terme. Alors, ne vous en faites pas trop : vous pourrez encore manger de la purée de pommes de terre (jetez un coup d’œil à cette recette de Purée de pommes de terre en deux étapes)  ou même déguster une banane de temps à autre !  Par contre, veillez à consulter votre équipe de soignants ou votre diététiste afin de rester à jour quant à vos besoins nutritionnels particuliers, à vos résultats d’analyses et à l’ensemble de votre plan de traitement. En matière de santé rénale, le parcours de chacun est différent, et les recommandations doivent toujours s’adapter à votre réalité. 

Mythe 3 : Mon alimentation manquera de saveur si on m’interdit le sel !   

Il est exact que prendre soin de vos reins peut impliquer une diminution de votre apport en sel et en sodium ajoutés. Toutefois, cela ne signifie pas que vos repas doivent être fades. Consultez ces recettes de mélanges d’épices savoureux et intégrez-les à vos plats favoris.  Donnez du pep à vos plats en misant sur des aromates comme l’ail, l’oignon, les piments forts et le gingembre, qui en rehausseront les saveurs. 

Si l’on vous recommande de réduire votre consommation de sodium, envisagez de limiter les aliments ultra‑transformés comme les soupes en conserve ou les viandes déjà assaisonnées. Consultez les tableaux de valeur nutritive sur les emballages de produits et privilégiez ceux qui affichent moins de 10 % de la VQ (valeur quotidienne) en sodium ajouté par portion. Il se peut que vos papilles gustatives mettent un certain temps à s’habituer à de nouvelles saveurs et à moins de sel, mais à long terme, vos reins et votre cœur en tireront de réels bénéfices. Habituellement, nos papilles s’ajustent en 2 à 3 semaines à l’introduction de nouvelles saveurs, de nouveaux aliments, de nouvelles méthodes de cuisson.  

En bref, même si vous devez ajuster un peu votre alimentation, quelques astuces simples suffisent pour continuer à savourer vos aliments préférés ,t nourrir toute votre famille, tout en suivant une alimentation favorable à la santé rénale. 

La documentation contenue dans ce site ne saurait être considérée comme des conseils médicaux ; elle est donnée purement à titre d’information. Aucune personne associée avec La Fondation canadienne du rein ne répondra à des questions médicales par courrier électronique. Veuillez consulter un professionnel de la santé pour des recommandations précises en matière de traitements.