Cuisine et santé rénale

Informations et outils pour vous aider à gérer votre régime alimentaire rénal

De l’Iftar à l’Aïd et même après : comment employer la méthode de l’assiette

Lanterne du ramadan sur une table avec des lumières décoratives en arrière-plan.

Autrices : Laura Gosine, Shannan Grant et Memoona Khalid, diététistes certifiées, programme de néphrologie, Hôpital Queen Elizabeth II, Santé Nouvelle-Écosse  

Photo par Kasem Sleem sur Unsplash

Le Ramadan est le 9e mois du calendrier islamique; il est célébré par des musulmans et musulmanes du monde entier. Considéré comme le mois le plus sacré de l’année, il débute dès que l’on observe le nouveau croissant de lune. Le mois dure 29 ou 30 jours et prend fin lorsque l’on aperçoit le croissant de la nouvelle lune, ce qui marque la célébration de l’Aïd.

Ceux des musulmans qui observent le Ramadan jeûnent du lever au coucher du soleil sans nourriture ni boisson (y compris l’eau). Le jeûne est traditionnellement rompu au coucher du soleil avec de l’eau et des dattes, puis vient le repas du soir appelé l’Iftar. Ramadan est un mois consacré à la réflexion personnelle, à la maîtrise de soi, à l’équilibre et à l’intention (engagement conscient). Son but essentiel est d’encourager la modération, pas seulement en matière de nourriture, mais dans la vie en général. La maîtrise de soi pratiquée pendant la journée est censée se poursuivre le soir et au-delà du mois.

Pour ceux et celles qui vivent avec une maladie rénale chronique (MRC), la modération a une importance particulière et constitue même la base du volet alimentaire de leurs soins. Respecter des recommandations nutritionnelles, surtout sur la taille des portions, est un défi de taille au moment de l’Iftar. Après de longues heures sans manger, l’appétit est aiguisé, et les plats traditionnels partagés font partie des célébrations Lorsque le mois de Ramadan s’achève, la fête de l’Aïd donne lieu à des repas festifs entre proches et amis où l’on partage souvent des plats favoris et des desserts succulents.

Dans ce billet, nous abordons trois questions que l’on nous pose souvent avant et pendant le Ramadan.

Les dattes sont très riches en potassium. Est-ce que je devrais m’abstenir d’en manger?

    Une portion de dattes contient environ 650 mg de potassium. Pour vous aider à comprendre ce que représente cette quantité, comparons-la à des aliments riches en potassium que tout le monde connaît, comme des pommes de terre ou des bananes : une pomme de terre Russet cuite au four contient environ 925 mg de potassium par portion ; pour 1 banane de taille moyenne, c’est 425 mg de potassium. Basez-vous également sur le tableau suivant qui compare différentes variétés de dattes.

    Dattes – teneur en potassium (par portion):

    • Dattes séchées, ½ tasse (~88 g) : 584 mg
    • Deglet Noor, 100 g : 656 mg
    • Dattes, 5 fruits (grosseur moyenne) : 270 mg
    • Datte Medjool , 1 fruit : 167 mg
    • Dattes, 10 g: ~660 mg

    Pendant les repas et les réjouissances, j’ai du mal à garder le compte de ce que je mange. Auriez-vous des conseils pour mieux y parvenir?

    Avec une approche modérée et attentive, il est possible de faire honneur aux traditions et de bien célébrer. Nous vous recommandons d’utiliser la méthode de l’assiette pour vous guider dans vos choix alimentaires. La méthode de l’assiette (pour en savoir plus, consultez ce billet de blogue) comprend :

    Légumes à faible teneur en potassium (½ de l’assiette, soit 50 %)

    Incluez des légumes comme concombre, chou, laitue, carottes ou poivrons qui fournissent des fibres, de la vitamine C et des vitamines du groupe B, tout en équilibrant le repas et en aidant à limiter l’apport global en potassium.
     Les légumes riches en fibres favorisent la satiété et vous apportent des vitamines essentielles.

    Protéines maigres (¼ de l’assiette, soit 25 %)

    Optez pour des sources de protéines de bonne qualité comme le tofu et autres aliments à base de soya (tempeh, edamame), ainsi que des options végétales comme les lentilles, les pois chiches, les haricots noirs, le quinoa et les noix ou les graines.

    Si vous optez pour des produits d’origine animale : poulet grillé, poisson au four, brochettes de bœuf maigre.

    Préparez vos aliments protéinés avec un minimum de sel ajouté et servez-vous des portions modérées, soit la taille d’un jeu de cartes ou de la paume de votre main (3 oz / 90 g). Consultez le Guide pratique pour la taille des portions.

    À la rupture du jeûne, les protéines aident à se sentir rassasié et régulent l’appétit.

    Grains ou aliments féculents (¼ de l’assiette, soit 25 %). Aliments, nutriments, conseil (exemple ci‑dessous)
    Incluez une portion modérée de riz (1 tasse de riz cuit), de pain plat (roti, chapati) (6 po), de pain pita (6 po). Garder des portions régulières (p. ex. environ ½ tasse de riz cuit) permet d’éviter de cumuler plusieurs féculents dans la même assiette, surtout si l’on y a joute des aliments réconfortants. Consultez le guide suivant pour mieux comprendre les tailles de portions Phosphorus Foods Pictorial (en anglais seulement).

    Les grains et les légumes féculents fournissent des glucides, notamment de l’amidon, des fibres et du sucre, qui font partie d’une alimentation saine et équilibrée. Il est cependant important d’en consommer avec modération. Bien des gens mangent de 2 à 4 fois les portions recommandées en un seul repas.

    Les aliments plus riches en fibres et moins sucrés aident à rester rassasié plus longtemps durant le jeûne et favorisent la santé à long terme même après le Ramadan.

    Au‑delà de l’assiette — Une petite portion d’un plat traditionnel

    Les aliments riches en glucides sont souvent réconfortants, et de nombreux mets traditionnels sont riches en glucides et en sel. Ils peuvent tout de même faire partie d’un repas équilibré, en faisant attention aux portions.

    Au lieu de remplir l’assiette de plusieurs aliments frits — souvent panés et comptant alors comme des grains et féculents — optez pour une seule petite portion plutôt que plusieurs. P. ex. : un petit pakora (beignet frit aux légumes), un petit samosa (petit chausson frit), un petit falafel.

    Les aliments traditionnels devraient remplacer une partie de la portion de grains plutôt que de s’y ajouter. P. ex., dégustez un petit samosa à la place d’une partie de votre portion de riz ou de pain plat.

    Conseil sur les portions : les aliments traditionnels frits comptent dans la portion de grains ou de féculents de l’assiette équilibrée.

    Souvenez-vous que l’objectif n’est pas la perfection, mais la modération. Une assiette équilibrée vous permettra de vous faire plaisir tout en prenant soin de votre santé rénale

    La documentation contenue dans ce site ne saurait être considérée comme des conseils médicaux ; elle est donnée purement à titre d’information. Aucune personne associée avec La Fondation canadienne du rein ne répondra à des questions médicales par courrier électronique. Veuillez consulter un professionnel de la santé pour des recommandations précises en matière de traitements.